Retraite

Comment optimiser sa fiscalité avant son départ en retraite ?

Il est important, tant que vous êtes en activité, de préparer votre retraite afin de maintenir votre niveau de vie. Après votre départ à la retraite, vos revenus vont chuter s’ils se limitent aux pensions de retraite issues du régime obligatoire. D’où l’importance d’épargner le plus tôt possible pour vous constituer une retraite facultative complémentaire qui augmentera ainsi vos futurs revenus à la retraite. Le plan d’épargne retraite (PER) est la solution d’épargne retraite qui garantit à la fois la possibilité d’un avantage fiscal immédiat grâce à l’option pour la déduction fiscale des cotisations l’année de leur versement et le choix, une fois à la retraite, entre un complément de retraite complémentaire régulière versé sous forme de rente viagère ou une sortie en capital.

Que vous soyez artisan, commerçant, chef d’entreprise ou salarié de votre propre entreprise, vous avez tout intérêt à préparer votre retraite en épargnant le plus tôt possible pour vous constituer une retraite complémentaire.

Pourquoi est-il indispensable d’anticiper sa retraite ?

Comprendre le système actuel de retraite par répartition : régime de base et régime complémentaire

Que vous soyez artisan, commerçant, chef d’entreprise ou salarié de votre propre entreprise, vous relevez du régime général de la Sécurité sociale pour la gestion de votre retraite (l’Assurance retraite). Votre retraite obligatoire se compose d’une retraite de base et d’une retraite complémentaire.

Votre retraite de base est calculée en fonction de votre revenu annuel moyen (moyenne des 25 meilleures années), du taux de liquidation de votre retraite et de votre durée d’assurance (nombre de trimestres retraite de cotisation) tous régimes confondus. Le taux de liquidation de la retraite le plus favorable est le taux plein de 50 % ; ce taux dépend du nombre de trimestres de cotisations (ou de périodes équivalentes) et de l’âge de l’assuré lors du départ à la retraite.

Montant de la retraite de base = Salaire ou revenu de référence × Taux de pension (50 % à taux plein) × (Trimestres cotisés / Durée de cotisation requise)

Lorsque la retraite est liquidée sans avoir atteint l’âge du taux plein (67 ans) et sans avoir cotisé le nombre de trimestres retraite requis pour obtenir une retraite à taux plein, le taux de la retraite est minoré par application d’une décote (1,25 % par trimestre manquant).

À l’inverse, tout trimestre cotisé au-delà de l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans selon votre année de naissance) et au-delà du nombre nécessaire pour le taux plein procure une majoration du montant de la retraite (surcote).

Votre retraite complémentaire est, quant à elle, calculée selon un système de points. Le nombre de points acquis chaque année est calculé en divisant le montant annuel des cotisations sociales retraite versées par la valeur d’acquisition du point (valeur qui varie chaque année). Pour calculer le montant de la retraite complémentaire, il faut multiplier le nombre de points retraite acquis par la valeur du point au jour du départ à la retraite.

Montant de la retraite complémentaire = Total des points acquis × Valeur du point (au moment du départ à la retraite)

Pour en savoir plus, voir nos articles

Pourquoi votre pouvoir d’achat peut baisser de 50 % à 60 % à la retraite ?

Votre pouvoir d’achat va nécessairement baisser à la retraite puisque la retraite de base est plafonnée (via le plafond de la Sécurité sociale) et le taux plein de la pension de retraite de base est fixé à 50 %.

Par ailleurs, un indépendant cotise moins pour la retraite qu’un salarié, du fait d’une assiette de cotisation et d’un taux de cotisation plus faibles. De ce fait, sa pension de retraite est moins élevée que celle d’un salarié.

En cas de départ anticipé (avant 67 ans et sans durée de cotisation complète), vous subirez une décote sur votre retraite de base et complémentaire. Ces décotes sont d’autant plus pénalisantes qu’elles sont « viagères », c’est-à-dire qu’elles s’appliqueront jusqu’à votre décès. Les Français passant en moyenne 25 ans de leur vie à la retraite, le manque à gagner s’avère conséquent en cumulé.

Résultat : un cadre peut enregistrer une baisse de revenus de 50 % après son départ à la retraite et un artisan ou commerçant peut voir ses revenus chuter de 60 % à la retraite.

En savoir plus, voir notre article : Quelle retraite pour l’assuré qui n’a pas tous ses trimestres retraite ? 

Quels revenus à la retraite ?

À titre indicatif, la retraite moyenne mensuelle brute des salariés du privé se décompose comme suit :

Retraite de base moyenne de 734 € + Retraite complémentaire Agirc-Arrco moyenne de 527 €, soit une pension de retraite moyenne de 1 261 € (source : étude Drees « Les retraités et les retraites », édition 2025).

Mettre en place une stratégie de retraite par capitalisation

Comment faire face à la baisse de vos revenus à la retraite ?

Différentes options peuvent vous permettre de compléter vos revenus après votre départ à la retraite :

  • le dispositif de cumul emploi-retraite permet, une fois à la retraite, de reprendre une activité professionnelle indépendante ou salariée et ainsi cumuler sa retraite avec le revenu d’une activité (voir notre article : Travailler et améliorer sa retraite) ;
  • investir dans l’immobilier locatif: les loyers perçus servent, dans un premier temps, à rembourser le crédit immobilier. Si les mensualités sont remboursées au moment du départ à la retraite, les loyers permettent de compléter les pensions de retraite ;
  • souscrire un contrat d’assurance-vie : cela permet de programmer des rachats partiels, avec une fiscalité allégée.

Se fixer un objectif de capital ou de rente viagère

Afin de compenser la faiblesse des prestations de votre régime obligatoire de retraite, vous avez tout intérêt à épargner le plus tôt possible pour vous constituer une retraite complémentaire. On parle de retraite par capitalisation.

Le plus efficace est de procéder à des versements réguliers sur vos produits d’épargne retraite, dont le plan d’épargne retraite (PER), en vous fixant un objectif de complément de revenus une fois à la retraite et/ou un objectif de sortie en capital.

Afin de déterminer dans quelle mesure votre retraite de base et complémentaire sera insuffisante, il est important de déterminer aussi précisément que possible quel sera votre train de vie une fois à la retraite (dépenses de logement, de transport, d’alimentation, etc.) ainsi que les projets que vous souhaitez pouvoir financer : loisirs, voyages, achats coup de cœur, etc.

Le PER (plan d’épargne retraite) : pour épargner en réduisant ses impôts

Épargner en profitant des dispositifs de défiscalisation existants lorsqu’on est toujours en activité, c’est encore mieux. Pour ceux qui veulent éviter à la fois les complications et le risque liés à un investissement immobilier locatif réalisé en vue de se constituer un complément de retraite, il existe une solution plus simple et tout aussi efficace sur le plan fiscal. À savoir, le plan d’épargne retraite (PER). Le PER individuel est un produit d’épargne retraite ouvert aux salariés et aux non-salariés.

Le mécanisme du PER est le suivant : quel que soit votre statut, pendant que vous êtes en activité, votre PER est alimenté par des versements volontaires en numéraire, sans limitation de montant et sans obligation de versements réguliers. Vous n’avez donc aucune obligation de verser chaque année sur votre PER. Vous pouvez l’alimenter quand vous le pouvez, à votre rythme. Le PER peut également recevoir les sommes issues des transferts en provenance d’un plan d’épargne retraite collectif d’entreprise ainsi que les droits individuels en cours de constitution sur un PERP et/un contrat retraite Madelin. Au moment de votre départ à la retraite, vous percevrez votre épargne retraite sous la forme que vous choisirez : en rente viagère mensuelle versée à vie ou en capital ou en un mixte de rente viagère mensuelle et de capital.

Le PER vous permet donc de garantir le versement d’une retraite complémentaire sous forme de rente viagère une fois à la retraite tout en choisissant de déduire vos cotisations de votre revenu imposable, ce qui diminue mécaniquement votre niveau d’imposition. Il existe bien sûr des plafonds de déduction fiscale.

Pour aller plus loin : voir notre article Comment fonctionne le PER ?

Les avantages du PER par rapport au contrat d’assurance-vie

PER et contrat d’assurance-vie sont complémentaires. Avec un contrat d’assurance-vie, vous pouvez effectuer des rachats quand vous le souhaitez. Ce placement est donc adapté pour réaliser vos projets, comme l’achat de votre logement ou le financement des études supérieures de vos enfants.

Le PER est, lui, plus spécifiquement un produit d’épargne retraite. Il vous permet de réduire votre imposition pendant votre vie professionnelle, c’est-à-dire au moment où vos revenus sont les plus élevés et où vous êtes en principe le plus imposé.

Comment fonctionne la déduction fiscale des versements volontaires sur un PER ?

Pendant votre vie active, le PER permet de réduire votre revenu imposable. En effet, chaque année, les cotisations versées sur votre PER sont déductibles, dans la limite d’un plafond, soit de vos revenus professionnels si vous êtes indépendant (BIC, BNC, rémunérations des dirigeants « article 62 » du CGI), soit de votre revenu imposable global. Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus la baisse d’impôt maximale est importante.

Si vous êtes indépendant, les versements annuels sur votre PER sont déductibles fiscalement de vos revenus professionnels dans la limite la plus élevée de :

  • 10 % du PASS (soit 4 806 € pour les versements de 2026) ;
  • ou 10 % du PASS auquel s’ajoutent 25 % du bénéfice imposable dépassant un PASS sans excéder 8 PASS, soit une déduction maximale de 88 911 € pour les versements de 2026.

À noter : les versements déductibles qui ne peuvent pas bénéficier de la déduction fiscale des revenus professionnels peuvent être déduits du revenu global dans le cadre du plafond de déduction de l’épargne retraite (voir ci-dessous).

Le titulaire du PER peut déduire de son revenu imposable global, dans certaines limites,  les versements sur son plan d’épargne retraite, à l’exception des versements qui sont déductibles de son revenu professionnel. La limite globale annuelle de déduction est égale au plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, retenus dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) de l’année en cause (soit une déduction maximale de 37 680 € pour les versements de 2026) ;
  • ou 10 % du PASS de l’année précédente (soit 4 710 € pour les versements de 2026).

Cette limite doit, le cas échéant, être diminuée de certaines cotisations déduites, l’année précédente, des revenus professionnels (par exemple, cotisations versées au titre d’un contrat Madelin).

Pour aller plus loin sur la déduction fiscale du PER : voir notre article sur la fiscalité du PER

Fiscalité applicable à la sortie d’un PER lorsque les versements ont été déduits du revenu imposable

En cas de sortie en rente, la rente est passible de l’impôt sur le revenu selon les règles applicables aux pensions de retraite (application du barème progressif de l’impôt sur le revenu après abattement de 10 %). Les prélèvements sociaux sont également dus.

En cas de versement d’un capital, la part du capital correspondant au cumul des versements initiaux ayant donné lieu à déduction fiscale « à l’entrée » est imposable au barème progressif de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions de retraite, mais sans application de l’abattement de 10 % propre à cette catégorie de revenus (la CSG et la CRDS sur les revenus de remplacement ne sont pas dues). La part du capital correspondant aux produits accumulés pendant la durée du plan d’épargne retraite est taxée au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % ou, sur option du titulaire, au barème progressif. Ces produits sont également soumis aux prélèvements sociaux.

Pourquoi choisir Médicis ?

Pour connaître vos droits et découvrir les solutions adaptées à votre situation, n’hésitez pas à prendre un rendez-vous avec un expert retraite Médicis. Notre mutuelle accompagne principalement les indépendants, ce qui nous permet de répondre spécifiquement aux enjeux de l’artisanat, du commerce, des professions libérales et des dirigeants (TPE/PME, SASU, SARL). Cette spécialisation garantit une planification fiscale retraite précise. Nos conseillers s’appuient sur leur expertise des contrats PER pour utiliser judicieusement chaque levier de déduction fiscale PER. Ils aident ainsi les adhérents à optimiser leur fiscalité pour consolider durablement leurs revenus futurs.

Pour aller plus loin :